Vous filmez dans des eaux troubles et chargées en particules et vos vidéos sont sombres, vertes et sans couleurs. Vous avez essayé les filtres, l’éclairage, la post prod, rien n’y fait. Les images gardent leur teinte verdâtre et les particules sont toujours plus ou moins présentent.

Hé bien c’est normal !  Vous ne pouvez rien changer à cela si vous plongez dans un environnement ou dans des conditions à visibilité réduite.

Mais rassurez-vous on peut quand même faire de belles images à condition de s’adapter et de bien utiliser les moyens techniques à votre disposition.

POURQUOI L’EAU EST TROUBLE ?

eau troubleEn fait, l’expression « eau trouble et chargée en particules » est un pléonasme parce que ce qui cause la turbidité de l’eau c’est justement les particules.

Particules = eau trouble = visibilité réduite.

La cause de l’eau trouble c’est la présence naturelle de particules organiques en décomposition ou bien d’organismes d’origine animale ou végétale comme les algues ou le plancton.

La turbidité de l’eau peut être causée également par des particules inorganiques comme les boues, les limons ou bien encore par certains composés chimiques.

Les sites avec des eaux troubles seront donc les étangs, les lacs, les gravières, les côtes avec des courants forts, des grandes marées, les détroits, la proximité d’un fleuve, etc…

Les conditions metéo (pluie, vent) sont aussi responsables d’une mauvaise visibilité.

COMMENT S’ADAPTER À CES CONDITIONS PARTICULIÈRES

On ne va pas filmer de la même manière dans une eau trouble et chargée en particules que dans une mer cristalline. Il y a des situations à privilégier et d’autres à éviter : 

  • Faites des gros plans en vous approchant au maximum de ce que vous voulez filmer. De cette façon vous réduisez la couche d’eau qui sépare l’objectif du sujet et donc la quantité de particules et la visibilité s’en trouve amélioré
  • La macro en eau trouble, avec du matériel approprié, peut donner d’excellents résultats
  • Évitez les plans larges et les panoramiques. Ils ne donneront que des images sombres et sans détails. Sauf si vous voulez transmettre l’ambiance et situer le milieu dans lequel l’action se déroule

matérielLE MATÉRIEL ET LA TECHNIQUE

L’appareil

Faire des gros ou très gros plans implique d’avoir un appareil avec un objectif et un hublot qui permettent de s’approcher très près du sujet. C’est-à-dire avec une distance de mise au point minimale très courte.

On comprend immédiatement que la Gopro sera plutôt désavantagée dans cette situation.

Sur les APN pour avoir une mise au point minimale, il faudra modifier un réglage en se positionnant sur le mode macro.

Et pour la macro il faudra rajouter bien sûr une lentille ou une bonnette. Attention aux bonnettes vendues pour la Gopro. Ce sont de simples loupes non traitées qui déforment l’image sur les bords et qui donnent des résultats vraiment médiocres.

le zoom doit être utilisé en dernier recours ; Approchez vous le plus près possible du sujet et ensuite finissez le rapprochement au zoom si nécessaire.

L’éclairage et les filtres

Le seul avantage de filmer en eau trouble c’est que vous n’aurez pas besoin d’un éclairage très puissant puisque vous serez assez près du sujet. 1000 ou 1500 Lumens devrait suffirent.

Après ça va dépendre de la turbidité de l’eau. Ce qui est sûr c’est qu’un éclairage puissant ne va pas augmenter la visibilité. Pour faire une comparaison, en voiture lorsque vous roulez dans un gros brouillard, les codes (feux de croisement) sont plus efficaces que les pleins phares (feux de route).

Pourquoi ? Parce que la lumière est réfléchie par le brouillard qui forme comme un mur.

Hé bien c’est le même principe avec les particules en suspension dans l’eau. Donc n’utilisez pas votre éclairage pour faire des plans larges ou moyens, vous allez avoir un mur blanc devant vous.

Pour éviter que les particules ne soient trop présentent (vous ne pourrez pas les éliminer) il faudra positionner vos phares de chaque côté de votre caisson et les orienter à 45 °.

Lire notre article sur l’éclairage

Quant aux filtres ils n’apporteront pas de grandes améliorations puisque vous allez faire principalement des gros plans avec un éclairage artificiel.

Une autre option sera de filmer près de la surface (si c’est possible). La quantité d’eau étant réduite il y aura moins de particules et si le temps est clair et bien ensoleillé la lumière naturelle suffira.

En conclusion

On peut faire de belles images dans un environnement à visibilité réduite si on s’adapte et si on utilise le matériel adéquat. Ne cherchez pas à changer ce qui ne peut pas l’être !

Dans votre vidéo insérez des plans qui situent l’action. Indiquez le lieu ou les conditions de tournage, afin de préparer le spectateur à voir des images qui sont en adéquation avec l’environnement dans lequel elles ont été tournées.

Et si vos plans sont réussis et que votre montage est bien fait, l’eau trouble et les particules seront oubliés, ils passeront inaperçus.

Pour exemple voici deux vidéos réalisées par Thierry. La première dans l’étang de Thau et la seconde au large de Palavas.

ÉTANG DE THAU

PALAVAS